Le Spectre des Étoiles.
Décomposée avec un
prisme, la lumière des étoiles révèle leur composition chimique.
Tout le monde a vu au moins
une fois dans sa vie, ce beau phénomène atmosphérique quest larc-en
ciel : en traversant les minuscules gouttes deau restées en suspension dans
l'atmosphère après un orage. la lumière du Soleil se décompose, ses différentes
couleurs allant du violet au rouge en passant par le bleu, le vert, le jaune et l'orange.
Si on dispose d'un prisme (pièce de verre en forme de trièdre), on peut reproduire le
phénomène autant de fois qu'on le souhaite en faisant passer la lumière à travers
celui-ci. On obtient ainsi ce que l'on appelle le spectre de la lumière. Si cest un
rayon lumineux du Soleil que l'on utilise, nous obtenons un " spectre du
Soleil ". Mais, si on peut observer le spectre solaire, est-il possible de faire
la même chose avec les autres étoiles? |
 |
On doit les premières
observations de spectres de la lumière en 1814 et de celle du Soleil au physicien
allemand Fraunhofer (1787-1826). En 1860, un autre physicien allemand, Gustav Kirchhoff
(1824-1887), aidé de son collègue chimiste Robert Bunsen, élabora des lois simples sur
la décomposition de la lumière, en particulier sur les phénomènes d'émission et
d'absorption. Mais le véritable fondateur de la spectroscopie stellaire est un Italien,
le père Angelo Secchi, directeur de l'observatoire du Collège romain. De 1863 à 1868,
après avoir étudié de nombreux spectres d'étoiles, il établit une classification de
celles-ci en fonction de leur couleur de surface. Les observations se multipliant, cette
classification devint rapidement trop simpliste et fut abandonnée mais le concept de type
spectral était né. |
|
 |
QU'EST-CE QU'UN SPECTRE?
C'est soit une bande
lumineuse, sillonnée, parfois ici et là, de raies sombres dites raies d'absorption,
soit une bande sombre sillonnée de raies plus claires dites raies démission.
Pourquoi ces raies? L'explication nous la devons à Kirchhoff. Un solide (une barre de
fer chauffée à blanc par exemple), un liquide incandescent ou un gaz à très forte
pression émettent un rayonnement continu. Si l'on décompose par un prisme cette lumière
émise, on obtient une bande composée de plages lumineuses colorées couvrant tout ou
partie des couleurs de l'arc-en-ciel. Nous avons affaire à un spectre continu ou continuum.
Dans le cas d'un gaz (ou corps gazeux) qui
émet de la lumière alors qu'il se trouve à faible pression ou à moindre température,
nous obtenons un spectre dans lequel on observe une superposition de raies brillantes,
c'est un spectre d'émission. Dernier cas de figure, si la lumière émise par un
corps quel qu'il soit traverse sur son trajet un gaz sous faible pression, apparaissent
sur le continuum des raies sombres nous avons un spectre d'absorption. Les spectres
stellaires que lon peut obtenir sont des spectres d'absorption seul le Soleil,
compte tenu de son diamètre apparent et du phénomène déclipse qui permet
d'étudier la lumière reçue des couches supérieures de son atmosphère, permet
d'obtenir à la fois des spectres d'absorption et des spectres d'émission.
LES EMPREINTES DES ATOMES
Tout atome de n'importe quelle espèce
chimique, qu'il soit d'hydrogène, de mercure ou de fer par exemple, porté a des
températures élevées, émet une lumière composée d'une série de raies, a des
longueurs d'onde définies avec exactitude. Du point de vue astronomique, le point
important est que tout élément chimique a sa propre série de raies, ce qui interdit de
le confondre avec un autre élément. Dans le cas dune étoile, la lumière émise
par les réactions thermonucléaires qui règnent dans son cur doit pour nous
parvenir traverser l'atmosphère de l'étoile. Les atomes de cette atmosphère très
diluée et a faible pression absorbent les photons correspondant à leur propre longueur
d'onde. Apparaissent alors les raies d'absorption. Ainsi, un astronome peut
" lire ", un spectre stellaire et déterminer précisément les
éléments composant les zones superficielles de létoile ainsi que mesurer leur
abondance relative. On a, par cette méthode, appris que dans les étoiles il n'y a pas
d'éléments qui ne se trouvent également sur la Terre. |
LES CLASSES
SPECTRALES
Le père Secchi avait remarqué
que sa classification ne dépendait que d'un paramètre la température. Ce n'est qu'en
1901 qu'à l'observatoire d'Harvard deux astronomes américaines, Antonia Maury
(1866-1952) et Annie J. Cannon (1863-1941), disposant d'un grand nombre de spectres
stellaires, cataloguèrent les étoiles en 7 classes désignées par les lettres O, B,
A, F, G, K, M (Signalons ici un moyen mnémotechnique pour se souvenir de cette
classification : Oh, Be A Fine Girl Kiss Me), subdivisées elles-même de 0 à 9 en
allant des plus chaudes, bleues (30 000 °C), aux plus froides, de couleur rouge (3000
°C). Le Soleil est une étoile de classe G5 de couleur jaune-orangé et dont la
température superficielle est de 5500 °C. On peut ainsi parler d'une étoile de
" classe M8 " ou de " classe A3 " (au passage,
remarquons que l'on utilise à tort le terme " type " à la place de
" classe ") et passer de F0, F1, F2... F9 pour arriver au type G0. Les
étoiles sont donc ainsi caractérisées par la couleur du continuum et par la présence
de raies d'absorption de certains éléments chimiques dont leur atmosphère est
composée. |
 |
 |
Cette
classification a été complétée depuis pour tenir compte de la découverte de nouvelles
classes d'étoiles, telles les étoiles de Wolf-Rayet (W), très chaudes (100 000 °C) et
les étoiles de classe R, N et de S. La classification est maintenant
la suivante :
R-N
W-O-B -A-F-G-K-M
S
A partir de cette classification, en y
associant le diagramme HR, il est possible de déterminer la luminosité absolue et la
masse de certaines étoiles et la présence ou non de champs magnétique intenses. |
|